Retour accueil

CHARLES II de Navarre et les poisons

 

Charles II de Navarre fut présenté de son vivant et par la suite comme l'un des plus grands empoisonneurs de son temps, héritier de Néron et prédécesseur des Borgia. Mais qu'en était-il vraiment ?

De nombreuses tentatives d'empoisonnement qui lui furent attribuées ne semblent être que des fausses informations de l'époque: l'empoisonnement de Charles V en 1355-1356 et dont il serait mort 25 ans après, celui de sa propre épouse, la reine Jeanne III de Navarre, le cardinal Guy de Boulogne, le comte de Foix...

Plus troublante est la mort du roi Henri II de Castille. Vainqueur de Charles II en 1379 à qui il fit signer le traité de Briones (mars 1379), il le rencontra en mai 1379 à Santo Domingo de la Calzada, non loin de la Navarre, pour la ratification de certains accords. Après les fêtes qui durèrent plusieurs jours, Charles II rentra en Navarre. Dès le lendemain, Henri II se sentit fortement indisposé, puis son état s'aggrava et il mourut quelques jours après à l'âge de 46 ans. Curieusement, on n'accusa pas Charles II à l'époque.

 
Quant à Seguin de Badefol, chef de compagnie du sud de la France venu en Navarre demander le paiement d'arriérés, il dut le faire de manière fort menaçante à un Charles II qui savait s'acquitter de ses dettes envers les hommes de guerre. Il fut invité à un souper où des coings sucrés assortis de sulfure d'arsenic lui furent servis. Il mourut en janvier 1366, mais Charles II continua de payer sa compagnie, qu'il garda à son service.

Enfin, la prétendue tentative d'empoisonnement du roi Charles VI par un anglais nommé Robert de Woodreton (mars 1385) serait plutôt une machination montée par le Roi de France pour annexer définitivement les terres françaises de Charles II, ce qu'il fit dans les jours qui suivirent la prétendue découverte du complot.

Cristaux de réalgar provenant
d'une mine du nord de l'Espagne

La réalité est donc peut-être différente de la légende, mais une chose est sûre: les techniques de manipulation des dérivés d'arsenic étaient très bien maîtrisées à la cour de Navarre... 

 

Retour à l'accueil

Copyright Bruno Ramirez de Palacios 2014-2017 - Tous droits réservés

Toute reproduction intégrale ou partielle des pages de ce site faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (art. L.122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle) et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants.