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Les troupes de CHARLES II de Navarre défaites à Cocherel (1364)

Le 21 novembre 1361, le duc de Bourgogne Philippe de Rouvres décéda sans descendance légitime. Sa succession était complexe car il ne laissait ni enfants, ni frères et soeurs, ni parents, ni oncles. Selon les règles de primogénitures traditionnellement appliquées, son héritier était le roi de Navarre Charles II, descendant de l'aînée des soeurs de son grand-père Eudes IV. Mais le roi de France Jean II ne l'entendait pas ainsi. Profitant du départ de Charles II pour la Navarre, il s'arrogea le duché de Bourgogne, qu'il annexa.

Les protestations à distance de Charles II de Navarre n'y firent rien, et ce même avec l'intercession du pape Urbain V. Devant l'impasse diplomatique, Charles II profita d'une accalmie sur le front espagnol. Il recruta des troupes dont certaines furent envoyées en Normandie. Mais l'évènement déclencheur de la guerre franco-navarraise de 1364 n'est pas clairement connu.

Le 8 avril 1364, Jean II décéda de maladie à Londres. Son fils, Charles V, n'avait pas attendu l'issue fatale pour asseoir sa position et mener une offensive contre le roi de Navarre. Dès le 7 avril, Mantes (Mantes-la-Jolie, Yvelines), propriété de Charles II, avait été conquise par Du Guesclin, suivie de Meulan le 11. Les deux villes furent pillées et nombre de leurs habitants massacrés, ainsi que le rapportent les chroniques comme celle de Froissart.

Charles V (1338-1380),
roi de France (Paris,
musée du Louvre)

Le captal de Buch, un Gascon, homme de guerre de Charles II et l'un des plus brillants stratèges de son temps - c'est sous son commandement que les Anglais avaient défait Jean II à Poitiers en 1356 - arriva à Cherbourg le 10 avril avec des troupes. Navarrais et Français assemblèrent leurs troupes jusqu'au 15 mai, lorsqu'ils furent en contact à Cocherel, à l'est d'Evreux. La bataille décisive se déroula le 16 mai 1364.

Vue du champ de bataille de Cocherel (Eure) depuis l'est. 

( © Bruno Ramirez - Tous droits réservés )

Les Navarrais, dirigés par le captal de Buch, s'étaient retranchés sur une hauteur difficilement prenable, aujourd'hui nommée le bois de la Ronce. L'armée française, dirigée par Du Guesclin, se trouvait en contrebas, adossée à l'Eure. Les effectifs de part et d'autre étaient relativement modestes, entre 2000 et 4000 hommes dans chaque camp. Mais dès le matin, il apparut aux Navarrais que les Français étaient peut-être une fois et demi plus nombreux qu'eux. En cette chaude journée, les Français étaient à cours de vivres, contrairement aux Navarrais, et devaient agir rapidement, d'autant que les Navarrais attendaient du renfort. La stratégie navarraise fut d'attendre que les Français prennent le risque de gravir la colline pour les attaquer, auquel cas la victoire aurait facilement été navarraise.

Du Guesclin ne voulait pas prendre ce risque. A la mi-journée, il feignit une retraite et fit retraverser l'Eure à quelques troupes. Les Navarrais et le captal de Buch à leur tête décidèrent de s'en tenir à leur position forte. Mais un désaccord intervint et le corps commandé par Jean Jouel, un Anglais, descendit de la colline pour aller au combat. Les autres corps navarrais décidèrent de ne pas le laisser seul et descendirent également.

La stratégie de Du Guesclin avait fonctionné: il fit demi-tour et put affronter les Anglo-Navarrais en terrain favorable. Le combat s'engagea. Bientôt, un détachement d'une trentaine de cavaliers d'élite traversa les lignes et s'empara de la personne du captal de Buch. Les Anglo-Navarrais furent rapidement désorganisés. Dans l'après-midi, la victoire était française. A Mantes, Meulan et Cocherel, Charles V déroula sa politique d'élimination et fit exécuter de nombreux chefs navarrais.

Bataille de Cocherel - La reddition du Captal de Buch à Du Guesclin - Tableau de Charles Philippe Larivière (1839, Versailles, galerie des batailles)

Monument commémoratif du XIXème siècle situé à l'emplacement de la bataille de Cocherel (Hardencourt-Cocherel, Eure)



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